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vendredi, 11 octobre 2013

Afrique francophone : un sursaut ?

Qui, ce week-end, va représenter la France au sommet des chefs d'États francophones en Afrique ? Est-ce le successeur de Nicolas Sarkozy, ancien Président qui voulait en finir avec la Françafrique tout en fulminant contre « l'homme africain » insuffisamment « rentré dans l'Histoire » ? Est-ce l'héritier du socialiste François Mitterrand qui, à la Baule en 1990, avait gentiment sermonné ses pairs africains pour en avoir pris à leur aise avec la démocratie ? Ou bien encore le chef de la plus grande puissance francophone, conscient qu'il est nécessaire de donner un coup de fouet à une francophonie atone, mais incontournable pour défendre sa langue et ses valeurs ?


 

 

 

Une chose est sûre : François Hollande n'aura pas la tâche facile. De Bamako à Kinshasa où se tient ce sommet, le continent africain vacille sous le diktat des extrémismes islamistes ou ethniques qui gangrènent des pays où l'État de droit ne répond plus. Partout, la communauté internationale est appelée à la rescousse pour redonner aux États une légitimité contestée par les peuples eux-mêmes.

Les Ivoiriens sont suspendus aux atermoiements de la Cour de justice internationale de la Haye qui juge les crimes du prédécesseur d'Alassane Ouattara, Laurent Gbagbo ; les Congolais de la RDC sont tenus par un président Joseph Kabila dont l'élection reste contestée ; les Maliens sont sous la coupe de djihadistes affamés de pouvoir qui, dans le nord du pays, imposent la charia à marche forcée, au nez et à la barbe d'une armée nationale impotente et corrompue. Etc., etc.

Malgré un tel contexte, un sursaut africain n'est pas à exclure. Pour la première fois depuis la création de l'Union africaine, en juillet 2000, des États plus ou moins volontaristes, en particulier le Sénégal et le Burkina Faso, encouragés par la CDEAO (Communauté économique des États d'Afrique de l'Ouest), en appellent à une solidarité militaire régionale.

Si l'Onu et l'Union européenne sont disposées à leur faciliter la tâche, on ne peut que s'en réjouir. Car la France n'a pas d'autre choix que d'aller franchement dans ce sens : c'est son intérêt politique et historique.

Il est temps de permettre à l'Afrique de prendre en charge son destin. C'est la seule manière d'en finir avec un interventionnisme diplomatique systématique de la communauté internationale. C'est surtout la dernière chance de voir cette Union africaine exister autrement que sur une feuille de papier.

 

(*) Journaliste, professeur associé à Paris 8.

16:37 Écrit par Deke choco dans archivres, Documents, INFORMATIONS ET TÉLÉCHARGENT categorie par defaut | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | |  Imprimer | Pin it! | | |

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