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mardi, 15 octobre 2013

L'Aïd a un goût amer pour les Syriens des zones assiégées

 

© AFP

syrie enfants aid.jpgAlors que le monde musulman fête l'Aïd el-Kébir, généralement l'occasion d'offrir des cadeaux aux enfants et de partager un grand repas familial, de nombreux Syriens souffrent de la faim, notamment dans les quartiers rebelles assiégés par l'armée.


 

 

L'Aïd el-Kébir est célébrée le 15 octobre par les musulmans du monde entier. Mais qu'en sera-t-il des Syriens ? Dans le pays à feu et à sang depuis deux ans et demi d'un conflit meurtier, les prix des denrées alimentaires ont flambé - parfois multipliés par 10 ou 20 selon les endroits. Certaines zones assiégées ne sont pas ravitaillées depuis des mois et les ONG craignent que la famine ne s'installe.

Au moment où ailleurs dans le monde musulman l'Aïd el-Kébir est généralement l'occasion d'un grand festin à base de viande d'agneau, dans certains fiefs rebelles assiégés par l'armée syrienne des enfants connaissent la faim au quotidien. C'est notamment le cas à Mouadamiyat al-Cham (au sud-ouest de Damas), où deux enfants sont morts de malnutrition, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Enfants amaigris à l'extrême

Dans les régions tenues par les rebelles aux portes de Damas, asphyxiées par un long siège et bombardées au quotidien par l'artillerie du régime, il n'y a plus rien à manger, disent les militants. "Bien sûr qu'ici, les enfants ne fêtent pas l'Aïd", lance l'un d'eux se faisant appeler Abou Malek, à Mouadamiyat al-Cham. "Pour eux, ce sera fête quand ils auront devant eux un plat de riz ou de boulghour (blé concassé)", poursuit-il. "Les pires cas, ce sont les enfants, car ils ont besoin d'une bonne alimentation. Les adultes peuvent survivre avec n'importe quoi sous la dent" affirme Rami Abdel Rahmane, directeur de l'OSDH.

Le régime de Bachar al-Assad affirme que ce sont les rebelles qui assiègent les civils contre leur gré. Mais les militants accusent l'armée d'imposer un siège intenable pour remonter la population contre les insurgés. De nombreuses vidéos choquantes ont circulé sur internet, montrant des enfants amaigris à l'extrême, vraisemblablement atteints de malnutrition.

La Croix-Rouge internationale (CICR) et le Croissant-Rouge syrien ont évacué 3 500 civils - enfants, femmes et hommes âgés - de Mouadamiyat al-Cham le week-end dernier, avec l'accord du régime. Les humanitaires n'ont pas pu cependant y entrer pour évacuer les blessés. "Il y en a beaucoup plus, y compris des enfants, qui restent à l'intérieur de la ville", selon Magne Barth, chef de la délégation du CICR.

Fatwa pour manger de la viande de chiens

Face aux pénuries et au dénuement, un cheikh vivant à Yarmouk, le grand camp de réfugiés palestiniens dans le sud de Damas où vivent également des Syriens, est même allé jusqu'à autoriser par une fatwa les fidèles à manger de la viande de chien et de chat. "Nous avons lancé une fatwa autorisant les gens à manger de la viande de chat et de chien, non pas parce que c'est halal (permis) mais parce que la réalité nous l'impose", explique à l'AFP Saleh al-Khatib, le religieux en question. "Rien, pas même du pain ou de la farine, ne passe à l'intérieur de Yarmouk depuis 96 jours", affirme en effet un militant du quartier se présentant sous le nom d'Ali Abou Khaled.

Avec dépêches

 

 

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source: www.france24.com/fr   

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